Kocc Barma Fall

🔄 Derniere mise a jour : 16 juillet 2026 🕐 2 min de lecture
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Surnommé « Suy màam Kocc » (notre aïeul Kocc), Kocc Barma Fall reste, près de quatre siècles après sa mort, le philosophe le plus cité de la culture wolof.

Présentation

Kocc Barma Fall, de son vrai nom Birima Makhourédia Demba Kholé Fall, est un penseur, moraliste et poète wolof du royaume du Cayor, considéré comme l’un des plus grands philosophes de l’Afrique précoloniale. Il serait né vers 1586 au village de Ndiongué Fall (arrondissement de Ndande, région de Louga) et mort vers 1655. Son œuvre, entièrement orale, s’est transmise à travers des milliers d’adages et de maximes encore récités aujourd’hui, souvent introduits par la formule « Kocc Barma nekna » (Kocc Barma disait).

Un sage à la cour des Damels

Contemporain du Damel (roi) du Cayor Daaw Demba Fall, Kocc Barma fut un fin conseiller politique, soucieux de l’injustice de certains souverains tyranniques envers le peuple. Il organisait des joutes de sagesse avec d’autres grands esprits du royaume, dont les conclusions éclairaient les décisions royales. Il communiquait également grâce à un tam-tam appelé « ndeund », dont chaque tonalité codait un message que la population savait déchiffrer.

La légende des quatre touffes

L’épisode le plus célèbre de sa vie raconte qu’à une époque où les Wolofs se rasaient entièrement la tête, Kocc Barma avait conservé quatre touffes de cheveux, chacune symbolisant une vérité morale connue de lui seul et de son épouse. Intrigué, le Damel finit par soudoyer cette dernière pour connaître le secret : parmi les quatre maximes révélées figurait « un roi n’est pas un parent », ce qui mit le souverain en fureur et faillit coûter la vie au philosophe, sauvé in extremis par l’intervention d’un vieillard respecté de la cour.

Quelques maximes attribuées

  • « Nit, nittai garabam » — L’homme est le remède de l’homme.
  • « Bour du mbokk » — Un roi n’est pas un parent.
  • « Il faut aimer sa femme, mais ne pas lui donner toute sa confiance. »
  • « Un enfant du premier lit n’est pas un fils, mais une guerre intestine. »

Héritage

On lui attribue plus de cinq mille adages et maximes qui irriguent encore le langage courant sénégalais. Un mausée a été construit en son honneur par le ministère de la Culture et inauguré le 30 juin 2007 dans son village natal de Ndiongué Fall, où sont conservés les vestiges de son tam-tam. Ses « dits et faits » ont notamment été recueillis par l’écrivain Birago Diop, et sa figure demeure une référence centrale du patrimoine culturel immatériel sénégalais et de la philosophie africaine.

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